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L’histoire de Laurence

La surdité de Laurence a été découverte à sa naissance. Jusqu’à l’âge de 9 ans, elle a vécu au milieu des entendants. Sa scolarité a rapidement été un échec. On l’a orientée vers un centre spécialisé dans la rééducation de la parole à côté de Lyon. L’objectif principal était de travailler la voix et la lecture labiale pour accéder à la maîtrise de la langue orale.
Ensuite on l’a envoyée en pensionnat à l’institut national des jeunes sourds de Cognin à côté de Chambéry (INSJ) où elle a eu un choc : l’orientation éducative et pédagogique de l’institut était complètement différente de l’enseignement exclusivement oraliste du centre où elle avait étudié jusqu’alors. Là, petit à petit elle a découvert la Langue des Signes Française (LSF), et elle est entrée dans un autre mode de communication, riche et facile.

Elle a fait fonction d’éducatrice et avec le diplôme d’enseignante experte en langue des signes qu’elle a obtenu en 2003, elle a enseigné la LSF pendant plusieurs années à des enfants sourds de 0 à 12 ans et leur famille au sein du Centre de Surdité « Les Chanterelles » (Fondation Lenval) à Nice.
Aujourd’hui elle travaille à l’IES (Institut d’Education Sensorielle) Clément Ader à Nice, qui accueille notamment des adolescents sourds de 12 à 20 ans, pour la plupart en grande difficulté de langage et d’apprentissage.
Si elle a décidé de parler de la LSF c’est d’une part parce qu’elle est sourde profonde de naissance et qu’elle utilise ce mode de communication dans sa vie quotidienne et d’autre part parce qu’au cours de son enfance elle a vécu des expériences douloureuses, qu’il lui semble important de partager avec les familles, les personnes sourdes et les professionnels de la surdité.

Laurence Marandon-Aclocque

Dans le projet d’ascension du Kilimandjaro avec des personnes ayant un handicap autre que celui de la surdité et d’autres sans handicap, un double intérêt la porte : connaître et partager le quotidien de personnes qui ont un problème de vue, de jambes, de mobilité, ou encore d’autres difficultés, donc mieux connaître leur situation, particulièrement dans ce contexte spécifique, et partager leurs expériences de vécu de handicaps si variés, mais aussi aller tous ensemble vers le même but qui est le dépassement de soi dans une activité physique et humaine incroyable. Comment chacun avec son handicap et avec le soutien des autres va-t-il se trouver sur un plan d’égalité pour découvrir chaque étape de cette aventure humaine ? Comment chacun selon son handicap va-t-il être capable de ressentir les mêmes émotions que les autres ? Quels moyens de compensation vont-ils mettre au service de chacun pour que le groupe soit dans la communication et le partage réel d’un exploit commun ? Beaucoup de questions qui trouveront réponse sur les sommets du Kilimandjaro.

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